Le baptistère
des
orthodoxes
de RAVENNE
Photos: Bernadette PLAS & Alain DELIQUET
Texte
Alain Deliquet

Le
baptistère des Orthodoxes ou Baptistère de la
cathédrale, ou baptistère de
Néon, à Ravenne en
Italie, est le plus ancien
édifice de cette ville. Ce nom le distingue du
baptistère des Ariens, également à
Ravenne, construit par le roi des Ostrogoths, Théodoric
l'Amale. Les deux édifices, dont la destination est
identique, étaient propres aux deux communautés
chrétiennes qui coexistaient alors à Ravenne.
Cet édifice paléochrétien est connu
pour avoir conservé la plus grande partie de son
décor intérieur datant du Ve siècle
(Bas Empire romain), dont des marqueteries de marbres,
des bas-reliefs en stucs, des fresques, mais surtout un large ensemble
de
mosaïques.
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Le
pavement du bâtiment est à présent
à 3 mètres au-dessous du niveau du sol, ce qui
change
l'aspect visible du monument.
La partie foncée est de Néon, comme la
mosaïque de la coupole.
Il y a contraste entre la richesse de l'intérieur
du
bâtiment et la sobriété du parement en
brique de
l'extérieur, comme pour tous les monuments de cette
époque à Ravenne.
A l'origine un portique le reliait à la basilique Ursienne. |
Le baptistère possède en son centre des fonts
baptismaux, constitués par une vasque monumentale
et octogonale en marbre pour baptiser les fidèles
par immersion presque totale

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Ce bassin octogonal est du XVIe siècle
avec des du réemploi du bassin primitif du VIe.
Le fragment d'ambon date du troisième quart du Ve
siècle, d'un seul bloc de marbre,
doté de 2 marches et flanqué de colonnettes
à
chapiteaux. De cet Ambon l'évêque patronnait les
cérémonies de la semaine pascale avec le
baptême
dont voici l'essentiel:
Description du rite romain du baptême
célébré à Pâques, selon un texte,
daté du début du
troisième siècle:
_ l’exorcisme est pratiqué avec
l’usage de l’huile,
_ puis
la renonciation au démon,
_ puis la triple immersion, pour rappeler les trois jours du Christ
avant sa résurrection puis triple profession de foi,
_ puis une seconde
double onction ,
_et finalement le départ du baptistère pour
assister à la liturgie.
Une inscription,conservée aujourd'hui encore sur
l’arc
d’une des quatre absidioles du baptistère des orthodoxes
évoque en plus le rite du lavement des pieds, qui ne se
trouve pas dans
la tradition romaine.
La question reste ouverte concernant le rite arien.
Le symbole du chiffre
huit comme octogone.
Huit d'après
Saint Ambroise (340,†397) est le symbole de la
résurrection.
Selon lui le Christ est ressuscité le lendemain du Sabbat
qui est le septième jour.
Autre interprétation: la création du
monde fut
réalisée en sept jours et ensuite c'est
l'éternité.
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Ce baptistère orthodoxe est antérieur
à celui des ariens d'une cinquantaine d'années.
Le
baptistère
fut construit par l'évêque Ursus à la
fin du IVe ou
au début du Ve siècle (comme bâtiment
annexe
d'une grande basilique, détruite en 1734). Il fut
terminé par l'évêque Néon,
vers la fin du Ve
siècle ;
c'est de cette époque que date la décoration de
mosaïques.

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Le centre de la coupole est occupé par une mosaïque
qui représente le baptême du Christ
dans les eaux du Jourdain par saint Jean-Baptiste.
Thème commun aux baptistère.
Le patriarche
représente le Jourdain ou bien Moïse
préfigurant le Christ.
Plus bas et entourant la scène du baptême du
Christ est représentée une double procession
des douze apôtres derrière saint Pierre et saint
Paul.
Leurs noms sont indiqués, ils n'ont pas
d'auréoles mais
une sorte de coiffe attirée par la scène
centrale, ils
tiennent des couronnes,
comme des offrandes. Entre chacun d'eux un rameau floral de
mosaïques dorées.
Les inclinaisons des tesselles sont disparates de telle sorte que le
spectateur est constamment ébloui de reflets d'or.
Les palliums portent des lettres (voir
le baptistère des ariens où on les retrouve
également).
Ensuite se trouve un registre composé de
tableaux
représentant des autels, des trônes vides mais
avec une
croix, des jardins...
Pleins de symboles qui n'ont guerre trouvé
d'interprétations.

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Ensuite se trouve le registre
des arcades où sont les prophètes en
bas-reliefs de stuc.
Ce niveau de registre
date de la deuxième moitie du Ve siècle,
sous l'évêque Néon.
Les 24 colonnettes sont surmontées de chapiteaux ioniques.
Les prophètes portent des rouleaux ou montrent des livres
ouverts.

Ensuite un registre ou l'on
peut voir 8 apôtres dans des rinceaux dorés.
Les inscriptions ne sont pas
toutes d'origine : celle-ci
"BEATI QUORUM REMISSAE SUNT INIQUITES
ET QUORUM TECTA SUNT PECCATA
BEATUS VIR CUI NON IMPUTAVIT
DOMINUS PECCATUM."
(Psaume XXXI , 1-2)
Ce niveau de registre a été refait en grande
partie à l'occasion de la réfection des arcs.

On
distingue bien la zone restaurée, lorsqu'on accentue le
contraste.
A l'origine Jean-Baptiste
imposait les mains au lieu de la patère, sur la
tête de Jésus.
La colombe, le bras de Jésus et son visage ont
été restaurés au XIXe.

Détail
d'un des chapiteaux, tous corinthiens sauf deux de style italo-byzantin.

Vase romain peut-être destiné à des
ablutions, il repose sur un chapiteau corinthien de
la fin du Ve siècle, ayant une seule couronne de 4 feuilles
d'acanthe, les tiges
forment un "V" se terminant en volutes, au centre une croix.

La croix du VIIe siècle qui se trouvait au faîte
du toit. Elle repose sur un chapiteau ionique
qui manque à une des colonnes de la loge.
.
Coupe du bâtiment montrant le tassement du
rez-de-chaussée,
puisque le pavement originel est 3 m en-dessous.
Source pour les
détails: "Ravenna, mosaïques, art, histoire,
archéologie, monuments et musées".
Éditions
Sirri-Ravenna.
Un livre en
français remarquable pour les photos et les textes :
"L'Évangile selon Ravenne " aux
éditions Robert LAFFONT (épuisé)

Le plan du centre
de Ravenne :

18 Avril 2020/AD quatrième semaine de confinement !
Les masques arrivent après deux mois de pandémie.
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