Embarquons-nous,
le vent est doux, Pour le
voyag' de l'Amérique. (bis) Ma
bell' Suzon, rien n'est plus beau Que de
naviguer sur les eaux. Oh ! c'est un
charme que de naviguer, Embarquons-nous,
ma chère beauté. Va, le bon
Dieu nous conservera Et la
boussol' nous conduira.
De
m'embarquer, ne m'parle pas, Je crains la
mer quand elletourmente, Je la crains
plus que Lucifer, Non, je
n'irai pas sur la mer. Si le
vaisseau vient à couler à fond Nous serions
tous mangés par les poissons ! J'aimerais
mieux mourir entre tes bras, Non, non, je
n'embarquerai pas.
Eh
là ! ma belle, décid'-toi donc Pour le
départ de l'Amérique. Va, je suis
un bon garçon, L'on me
connaît, je suis luron, J'ai avec moi
tout ce qu'il me faut : Ancres et
mât, cordage, aussi vaisseau. Viens avec
moi, ma charmante Suzon, Nous
t'habillerons en garçon.
De
m'déguiser me parle pas, Epouse-moi,
je suis enceinte ! Tu me laisses
dans l'embarras, Bientôt
un enfant sur les bras. Hélas
grand Dieu ! quel désespoir pour moi, Tout chacun
va me montrer du doigt En disant :
V'là la belle Suzon Qu'a
laissé lever son jupon !
Tu as
éprouvé mon amour Et moi, j'ai
su charmer la tienne. Tu me disais
tous les jours : «
Belle Suzon, c'est pour toujours. » Hélas
grand Dieu ! quel désespoir pour moi, Tout chacun
va me montrer du doigt En disant :
V'là la belle Suzon Qu'a
laissé lever son jupon !
Sources :
Chanson collectée auprès de Marguerite
Crépet
veuve Sellier, née à Menou en 1814; en 1888 et rapportée par
Achille Millien et J.G. Penavaire dans le tome 3 des Chansons
populaires du Nivernais et du Morvan, éditées par
Georges Delarue en 1998, p.21.