L'église romane St Pierre et sa chapelle haute St Michel à BESSUÉJOULS en Rouergue (12)
Commune
du département de l' AVEYRON en ROUERGUE L 'ÉGLISE Saint-Pierre
de Béssuéjouls, non loin d'Espalion, cache un
trésor Il faut monter un escalier étroit, aux coudes anguleux, pour l' atteindre. La surprise est d'autant plus grande de trouver, à l'étage, une chapelle romane dont l'ambiance rosée, créée par la pierre, enchante déjà le regard. Un linteau à entrelacs, des chapiteaux spécialement remarquables, une architecture simple mais harmonieuse et soignée, un autel roman spécialement riche, quoiqu'en partie mutilé, voilà ce que réserve la chapelle Saint-Michel au visiteur. Parce qu' ainsi isolée et sans utilisation possible, cette chapelle a traversé les siècles sans trop de dommages. Elle
est un merveilleux témoin de la civilisation
médiévale, si loin de nos grossiers
critères de
rentabilité immédiate et d'efficience. L'église SAINT PIERRE DE BESSUÉJOULS (*) Dans la pittoresque vallée d'un petit affluent du Lot, parmi la verdure, se cache l'église Saint-Pierre de Béssuéjouls : dans son état actuel elle ne date que du XVIe siècle, mais elle conserve un clocher-porche plus ancien La disposition traditionnelle d'une chapelle haute au-dessus d'un porche trouve ses origines à l'époque carolingienne : l'église du Xe siècle à Sainte-Foy de Conques en donnait un exemple que l'on connaît par le récit d'un miracle. Celle de Béssuéjouls permet de
s'en faire une idée plus
précise, bien qu'elle remonte seulement à
l'époque
romane; car cette forme s'est perpétuée longtemps. Une inscription rappelle la
dédicace de la chapelle haute : La tour est en bel appareil de grès rouge sombre, bien conservé par endroits, mais avec de nombreuses réparations. A l'étage, la face Ouest est ornée d'une grande arcature appliquée contre le mur : les colonnettes monolithes, très hautes, ne sont pas engagées, mais indépendantes du fond; elles portent cinq arcs, celui du centre est trilobé. Deux avant-corps flanquent la tour au Nord
et au Sud, contenant chacun un escalier.
La salle haute s'ouvrait jadis sur la nef par deux grandes baies, qui sont aujourd'hui murées .
Elle était couverte par une grande coupole sur trompes au centre et deux demi-berceaux sur les bas-côtés. A droite et à gauche de la travée centrale, deux beaux arcs bien appareillés retombent sur une robuste colonne monolithe. La décoration est d'un très beau style et d'une technique habile, mais d'un caractère archaïsant, car l'entrelacs carolingien y tient la plus grande place. Sur la porte de l'escalier, au Sud, un linteau en bâtière, taillé dans le grès, est décoré simplement, sur toute sa surface, d'entrelacs à trois brins terminés par deux palmettes. Les mêmes entrelacs recouvrent, comme d'un travail de vannerie, la corbeille d'un beau chapiteau : l'épannelage est cubique dans la partie supérieure, tronc-conique dans la partie inférieure; les surfaces planes du haut sont ornées de cercles entrelacés . Sur un autre exemple, ce sont des palmettes qui garnissent les parties planes, et des entrelacs plus larges, toujours à trois brins, mais moins serrés, qui décorent la corbeille. D'autres chapiteaux montrent des animaux, des hybrides et même des figures humaines , ou des anges aux ailes déployées, porteurs de banderoles. Le plus beau reproduit un modèle de Conques (qui se trouve, dans l'abbatiale, à l'entrée de la chapelle d'axe du déambulatoire) : deux centaures sont adossés; leur tête garnit les angles; sur leur dos se présente de face une sirène à double queue, dans une magnifique composition ornementale. Ailleurs, un atlante est assis dans l'axe du chapiteau; il écarte les bras et soutient les deux grandes volutes dont les branches, partant de l'astragale, forment un dessin très simple, mais bien adapté à la fonction portante du chapiteau. Enfin deux figures nues dans des rinceaux ne paraissent pouvoir être identifiées de façon précise (comme on l'a parfois supposé) ni avec Adam et Eve au Paradis terrestre, ni avec de simples vignerons. Ce sont sans doute seulement des figures décoratives. Elles témoignent d'une certaine
aisance, mais reproduisent sans
doute un modèle courant dans les ateliers des sculpteurs
romans
: en effet un chapiteau très semblable se voit dans le
chœur de Saint-Benoît-sur-Loire, sans qu'on puisse
supposer
des relations bien précises de modèle
à copie. Entre les deux baies de la face Est, dans la chapelle haute, appuyé au mur de la nef, se trouve l'autel roman décoré de sculptures, qui est resté longtemps caché sous le retable du XVIIe siècle dans l'église. Il a heureusement, depuis quelques années, retrouvé son emplacement primitif : en effet l'image de saint Michel, sculptée sur le côté gauche, nous indique sa dédicace et sa destination à la chapelle haute, traditionnellement consacrée à l'archange. Sur le côté droit, un autre ange (Archange Gabriel?) porte un phylactère dont l'inscription n'est plus lisible. La face antérieure est divisée par trois arcs, dont les supports ont été bûches; l'arc du centre est trilobé, comme dans l'arcature de la façade. Les panneaux entre les colonnes combinent
les entrelacs carolingiens, les cercles entrelacés et les
rinceaux romans. (*)
Cf. Paul Deschampi, L'autel et les chapiteaux romans du clocher de
Saint-Pierre de Béssuéjouls (Aveyron) (Bulletin monumental,
1940). DIMENSIONS de la chapelle haute de l'église de BESSUÉJOULS Longueur de la partie centrale : 4 m 70. Largeur de la partie centrale : 4 m 68. Passage collatéral Nord, longueur : 3 m 72. Passage collatéral Nord, largeur : o m 91. Passage collatéral Sud, longueur : 3 m 72. Passage collatéral Sud, largeur : 1 m 39. Autel, longueur : 1 m 75. Autel, largeur : o m 96. Autel, hauteur :1 m 17. Largeur de la porte au linteau triangulaire : o m 5 7. Hauteur de la porte au linteau triangulaire : 1 m 82. Largeur du linteau : o m 93. Hauteur du linteau : o m 52. Hauteur d'une trompe de coupole, au sol d'arrivée : environ 6 m. Hauteur de l'enmarchement : o m 27. ____________________Fin du texte du XVIIe volume de la collection " la nuit des temps" des édition: ZODIAQUE __ __(Abbaye de La Pierre-qui-Vire_ Yonne) Autorisation demandée______________ Et l'église St Pierre de BESSUÉJOULS (Sant-Pèire de Bessuèjols)Située dans l’étroite vallée encaissée de l’Astruges, affluent du Lot, se trouvait à proximité d’une des quatre grandes routes de pèlerinage vers Compostelle, que décrit le Guide des pèlerins de Saint Jacques rédigé au XIIe par Aymeri moine poitevin.. Cette route qui partait du Puy, après avoir traversé les plateaux de la Margeride et les monts d’Aubrac, descendait vers Espalion, puis par Estaing et Entraygues parvenait à Conques. Béssuéjouls est sur ce chemin, à quatre kilomètres d’Espalion.
Sous l'avancée du toit
en appentis ,oh observe une série de beaux modillons de
gauche à droite:
Un léonin joufflu, un personnage à tête animale, un animal à tête humanoïde
La scène des rois mages L' ÉGLISE Au fond à gauche et à droite les escaliers qui mènent à la chapelle ST Michel. À l'époque gothique, la nef et le chœur ont été remaniés et couverts d'une voûte en berceau brisé. Trois chapelles ont également été ouvertes. Dans le chœur rectangulaire, séparé de la nef par un arc triomphal brisé, on observe deux niches couvertes en plein cintre et une petite piscine liturgique, à droite de l'autel.
Le retable du maître-autel, en bois peint et doré, est du XVIIe siècle. À gauche du retable,
tout en haut, sur
le mur plat du chœur, on peut distinguer des vestiges de
peinture
laissant apparaître un petit visage féminin
voilé
et, peut être, couronné (première
moitié du
XIVe siècle). La salle, basse du clocher est couverte d'une
voûte d'arêtes, renforcée :par des
nervures, sorte
de croisée d'ogives primitives. Elle communique avec la nef
par
un arc en plein cintre retombant sur des colonnes jumelles. Le prieuré de
Béssuéjouls fut
donné par Pierre de Pleirnecassagne,
évêque de
Rodez et archevêque de Jérusalem, Source: texte disponible sur les panneaux à l'intérieur de l'édifice.
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![]() La pomme de pin symbole de la vie. Trois arches dont les colonnettes ont disparues. Celui du centre trilobé comporte trois cercles complétés de 3x2 demi-cercles dont les pointes forment un carré symbole terrestre pour l'incarnation. De chaque coté des rinceaux que le sculpteur a fait se croiser sans former un X simple. Les rinceaux sont les épreuves salvatrices A gauche les feuilles sont tantôt orientées vers le ciel et tantôt vers le sol et le cercle du centre comporte 4 feuilles et il est imparfait. A droite le cercle formé des deux tiges est pratiquement parfait et aucune feuille n'est orientée vers le sol . Au centre c'est la TRINITÉ |
Probablement le père à gauche, le Saint Esprit et le Christ à droite et la Trinité au centre, puisque les cercles y sont plus proche de la perfection et que l'arc central comporte trois lobes |
![]() Sur une dalle monolithe ce bas-relief montrant le traditionnel Saint_Michel terrassant le dragon. C'est le chef des milices célestes qui combat le Malin. Il domine celui-ci . Il porte un bouclier comme les chevaliers Il lui introduit dans la gueule une sorte de lance pour l'empêcher de nuire en répandant de mauvais conseils. La scène se passe au ciel au vu de l'entrelacs triple brin qui encadre la scène. C'est l'exemple à suivre sur terre : combattre le mal comme Saint Michel au ciel. |
![]() Clés : entrelacs, St-Michel, dragon. |
![]() Gabriel, le messager de Dieu La scène se passe sur terre au vu de l'encadrement constitué de rinceaux. Le message a malheureusement disparu. Ce pourrait-être "Dieu est ma force" qui est la signification de Gabriel en Hébreu ou bien l'annonce à Marie. Dans le Nouveau Testament,Gabriel annonce à Zacharie que sa femme Élisabeth aura un fils qu'il appellera Jean, puis il annonce la naissance de Jésus à la Vierge Marie (Lc 1,11–20 et 26–38) C'est l' annonce de Gabriel |
![]() Les panneaux sont probablement plus ancien, d'anciens panneaux de chancel ou bien ceux d'un autel. (A St Guilhem du désert on retrouve un panneau ayant un thème et une graphie similaire à celle du panneau central) |
![]() Des personnages nus (des âmes) Dans des rinceaux (parcours spirituel) Des pommes de pin identiques à celles de l'autel promesse de vie éternelle. Les feuilles grasses sont tantôt vers le ciel tantôt vers la terre symbolisant le parcours spirituel avec ses épreuves et rechutes à surmonter.(rinceaux) Accroches toi aux épreuves salvatrices pour gagner le ciel. |
![]() Clés : âmes, rinceaux, pommes de pin, feuilles grasses, tonsure. |
![]() L'astragale est un cordage symbole de la communauté. La corbeille un magnifique entrelacs qui n'a donc ni début ni fin. C'est l'éternité. Le motif très sophistiqué reprend celui du panneau central de l'autel Il est face au message de Gabriel Voilà la perfection, la sainteté, l'éternité; c'est le but à atteindre pour ton âme! Obéis à ton abbé ! |
![]() Clés : entrelacs, corde, astragale. |
![]() (Les trous n'ont rien à voir) Les deux archanges Raphaël et Gabriel tiennent une sorte de sarcophage d'une main et de l'autre une sorte de linge dans lequel on peut deviner l'âme qui malheureusement a été cassée. A la MNAC (Catalogne) ![]() Raphaël et Gabriel emporteront ton âme selon la tradition ! |
![]() Clés : archanges, âme, mort, paradis immédiat. |
![]() Le signe du Bélier, initialise le printemps, les jours rallongent la vie revient pour les végétaux et bon nombre d'animaux naissent à la ferme. C'est époque des naissances pour les agneaux! Le signe est complété (aux extrémités) de volutes signe de spiritualisation et (aux autres extrémités) de feuilles grasses symbole de vie voir de renouveau. (Les 4 trous n'ont rien à voir ) Les deux feuilles sont orientées au ciel ,mais celle de gauche a une partie vers le sol. Le nombre de nervures fait apparaître 3 et 4 3 pour le ciel et 4 pour le terrestre. 3 pour la vie spirituelle et 4 pour la vie terrestre. En motif de fond un personnage nu ( une âme) dont les pieds ( démarche pour gagner le ciel) sont sur l'astragale ( l'église) et les mains ( les actions) vers le ciel tel un orant. A sa naissance l' Homme acquiert aussi une âme appelée à rejoindre DIEU au ciel. Il est grand temps de faire revivre ton âme! |
![]() Clés : "V" du bélier, volutes,âme, feuilles grasses, trois, quatre, astragale, mains, orant. |
![]() Faisant le pendant à l'éternité, représentée par le chapiteau en entrelacs: un chapiteau nu! Dans le tailloir des marches à gravir. si tu ne progresses pas le néant t'attend ! Pas d'enfer, ni de souffrances éternelles mais le néant, c'est toute la différence entre le XIe et le XIIe. |
![]() Clés : mort spirituelle, rien, néant, escalier. La mort spirituelle représentée par un chapiteau vide et un tailloir demandant de progresser. |
![]() (Les trous n'ont rien à voir) Deux centaures s'accrochent par leurs mains (actions) à une tige végétale prenant racine dans l'astragale (l'Église) et dont les feuillages sont moitié vers le ciel, moitié vers la terre. L'église est l'intermédiaire. Le centaure symbole l'être humain qui doit dominer sa partie animale et opter pour une vie spirituelle. La sirène tient ses cheveux qui comme toujours ne sont pas tressés mais torsadés en forme de corde symbole de la communauté. Le tailloir en forme de marches à gravir indique qu'il faut progresser ... Pour échapper au néant: Accroches-toi à la vie que t'offre l'Église ainsi qu'à la beauté spirituelle, alors Raphaël et Gabriel porteront ton âme aux cieux! Remarquez la forme du corps de la sirène en OMÉGA! L'autel montrait l'alpha avec deux archanges et voici l' OMÉGA de la fin des temps comme objectif! Quel parcours! |
![]() Clés : âme, mains, centaure, astragale, feuilles grasses, feuilles lancéolées, sirène oméga, cheveux torsadés, marches d'escalier, maîtrise, choix de vie. |